Société & Santé

Journée de l’intégration/ Djaka Festival: les apparats et le protocole des chefs traditionnels au cœur des discussions

A la journée de l’intégration, journée instaurée dans le cadre des activités du Djaka Festival, le vendredi 18 août 2023, le Professeur Obou Louis, a invité la population et les chefs traditionnels du Lôh-Djiboua, à mener une réflexion autour des apparats qui permettront de distinguer les chefs et leur hiérarchie.

Cette intervention s’est faite au centre culturel de Divo, lors de la « dédicace des Actes du colloque pluridisciplinaire sur les DIDA-GODIÉ-EGA et le panel sur les apparats et le protocole des chefs traditionnels ».

« La dignification et ornementique des chefs traditionnels Dida, Godié, Ega est très importante. Le chef concilie et réconcilie l’individu et le collectif, le présent et l’avenir de nos communautés. On doit lui donner une place exceptionnelle dans nos sociétés. Au niveau de la dignification du chef, il y a un problème, parce que nous ne connaissons pas tous les attributs du chef. On peut déprécier nos chefs et porter entorse à leur dignité » a-t-il déploré.

Pour lui, trois aspects permettront de rehausser la dignité des chefs traditionnels du Lôh-Djiboua. Il s’agit de « la reconnaissance des attributs de nos chefs, la respectabilité et l’estime du chef et le type d’ornementique corporel par l’habit », a-t-il proposé.

Sur la question, le Commissaire général du Djaka Festival Alexandre Draman Jhronsix, a encouragé les chefs traditionnels à une rencontre de prises de décisions qui, ensuite seront communiqués au cours d’un séminaire.

Le Professeur titulaire d’anthropologie sociale, culturelle et politique Agbroffi Joachim, qui faisait aussi parti de la table de séance, a pour sa part abordé la question de « la diplomatie économique du peuple Dida ».

Une diplomatie assez particulière qui ne « résulte pas de la diplomatie économique de la France, mais qui se retrouve dans la manière de faire des civilisations des Didas. Cette diplomatie dit-il, est composée de plusieurs caractéristiques dont la finesse, le savoir faire, la subtilité, rendre meilleure la représentation des intérêts des Didas ailleurs, la pratique de bonne gouvernance… ».

J’ai côtoyer les anciens pour comprendre la situation des terres puisque nous n’avons pratiquement plus de terre. J’ai compris qu’au départ, ils n’ont pas vendu les terres. Ils en donnaient gratuitement aux hôtes afin que les bénéficiaires puissent les mettre en valeur et les aider à résoudre les problèmes à court, moyens et long terme. Les bénéficiaires n’ont pas bien compris cet aspect et estiment que nos parents refusent de travailler pour tendre la main », a-t-il révélé.

Cette situation poursuit-il, a emmené à la vente des terrains. Alors que  » la vente des terres ne peut pas résoudre tous nos problèmes. La diplomatie économique était un système bien pensé », a-t-il attesté.

Il préconise donc d’adopter cette diplomatie économique initiée par les anciens pour résoudre les problèmes actuels. « La voie des anciens est une bonne voie. Elle permet de résoudre les problèmes sur le long terme. Il faut s’inspirer de cela pour trouver des solutions » a-t-il recommandé.

Le Directeur du département d’Histoire de l’université Alassane Ouattara, Professeur Sékré Gbodjé Alphonse à quant à lui, présenté les axes du colloque pluridisciplinaire sur les DIDA-GODIÉ-EGA qui contient 21 communications.

Pour rappel, le Djaka festival, principale activité socioculturelle de la région du Lôh-Djiboua est organisé, chaque année.

La 13ème edition du Djaka Festival est dénommée  » DJAKA Festival Kôkpa » en référence au thème de l’année 2023 consacré à la Forêt( Kokpa en Dida).

Marina kouakou

Vous pourriez également aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *