Société & Santé

Prof. Koua Asseman MEDARD à propos de la santé mentale et de la paix : « une jeunesse qui n’est pas pacifiée psychologiquement risque de ne pas entrer dans le programme de développement du pays »

A la 27ème édition de la journée nationale de la paix ce mercredi 15 novembre 2023, le Directeur Coordonnateur du Programme National de la Santé Mentale Prof. Koua Asseman MEDARD, qui s’est exprimé au cours d’une conférence numérique intitulée :«Plaidoyer pour l’intégration de la santé mentale et le soutien psychosocial (SMSPS) dans les initiatives de consolidation de la paix, de guérisons des mémoires et de cohésion sociale centrées sur les jeunes en Côte d’Ivoire », a déclaré qu’une jeunesse non pacifiée psychologiquement risque de ne pas entrer dans le programme de développement du pays.

« Le sentiment de ne pas trouver sa place sur la terre de ces ancêtres est une réalité qui favorise la migration. Notre réalité de vie débouche sur notre bien-être psychologique ou pas », a-t-il expliqué ensuite.

Il a également relevé le lien entre la jeunesse et la consolidation de la paix. « Pour juger cela, il faut observer les comportements des communautés. Nous sommes dans un environnement qui a été influencé psychologiquement, écologiquement… ces crises multiformes ont affecté l’état de santé et les croyances. Cette jeunesse est influencée par tout cela et est susceptible de réagir sur elle, sur les autres, et le peuple », a-t-il dit.

Pour lui, il est extrêmement urgent de tenir compte de la santé mentale dans tous les domaines, car le temps de la guérison psychologique n’est pas celui de la guérison socio-économique.

Les initiatives du Ministère de la Santé ivoirien

Le Professeur Koua Asseman MEDARD a aussi mentionné les initiatives du Ministère de la Santé pour répondre à la problématique de la santé mentale en Côte d’Ivoire. Ces initiatives vont à l’endroit des jeunes, des communautés, des entreprises, du personnel de la santé etc.

« Pour aider les jeunes en difficultés, nous commençons par la sensibilisation et l’engagement des hommes de médias. Nous allons également sensibiliser les communautés, afin qu’elles puissent s’approprier la thématique et faire remonter leurs aspirations au niveau du gouvernement, éduquer les populations sur les bonnes manières de maintenir leur santé, éduquer les agents de santé et prendre des mesures pour eux-mêmes aussi en souffrance psychologique », a-t-il détaillé.

L’initiative au niveau des entreprises est la mise en place d’un département sur la gestion de la santé mentale et du stress au travail, car ajoute-t-il, « Si le travailleur est épuisé psychologiquement, il peut faire des crises qui vont l’affecter ou impacter l’entreprise ».

Pour ce qui est de l’environnement sécuritaire numérique, le conférencier a annoncé la programmation d’une pacification de l’espace numérique pour protéger les adolescents et les jeunes.

La psychose et la dépression, les maladies mentales répandues en Côte d’Ivoire

A la question de savoir les types de maladies mentales répandues en Côte d’Ivoire, Koua Asseman MEDARD a énuméré la psychose et la dépression.

« La psychose, c’est la folie. La personne atteinte de psychose n’en est pas consciente et ne va pas accepter des soins. Parfois, elle va aller dans les camps de prière pour obtenir la guérison et récemment dans un camp de prière, un malade a tué le responsable du camp dans sa crise psychiatre. La dépression quant à elle est la maladie de la tristesse, du d’espoir et du découragement. La personne n’a plus d’espoir, elle se replie sur elle-même et on craint des idées noires », a-t-il souligné.

Avant de clore ses propos, le prof a insisté sur la responsabilité des communautés à faire la part des choses, car dit-il « C’est dans la communauté que nait souvent les problèmes ». Il a tout de même invité les populations à contacter le numéro vert du ministère de la santé pour des cas de problèmes de santé mentale qui est le 143.

Ce webinaire est une initiative du Programme national de la santé mentale en partenariat avec l’ONG Indigo Côte d’Ivoire.

Marina Kouakou

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