Société & Santé

Aboisso accueille le lancement du projet « Face » pour renforcer la résilience des femmes face aux changements climatiques

Babadougou – Sous l’égide du Réseau des Femmes Braves (REFEB), la région d’Aboisso a vu le lancement officiel du projet Féministes pour des alternatives climat et environnement (Face). Ce programme vise à renforcer les capacités des femmes face aux changements climatiques. L’événement s’est déroulé le jeudi 30 mai 2024, réunissant diverses parties prenantes pour une journée de sensibilisation et de partage de connaissances.

Plusieurs activités étaient au programme de cette initiative, notamment la présentation des différentes délégations et communautés, la présentation du projet, l’intervention des organisations partenaires, ainsi que la première tournée locale. Le projet, par son approche inclusive et participative, promet de renforcer durablement la résilience des femmes face aux défis climatiques, tout en valorisant les savoir-faire locaux et en favorisant une solidarité intercommunautaire essentielle à la réussite de cette lutte collective. Il vise les communautés locales vulnérables victimes d’accaparement de terres, les femmes issues des zones rurales et majoritairement analphabètes, les leaders traditionnels et les médias.

Une feuille de route bien définie

Selon Kolia Lucrèce, Responsable du projet au sein du REFEB, quatre activités majeures sont prévues. « Nous avons commencé aujourd’hui avec les tournées locales de sensibilisation. Deux autres tournées auront lieu dans d’autres localités pour informer les femmes des effets du changement climatique et de leur rôle crucial en tant que premières victimes en raison de leur position sociale et de leurs responsabilités familiales », a-t-elle expliqué.
Lucrèce a également expliqué que les « échanges paysannes à paysannes » mettront en relation les femmes de différentes communautés pour partager leurs expériences en matière d’éco-agriculture. « Ces échanges permettront aux femmes de partager leurs savoir-faire traditionnels en agriculture, adaptés à leurs localités spécifiques », a-t-elle dit ensuite.
Le projet inclut également un « festival des semences paysannes » et la construction de foyers améliorés pour les femmes impliquées dans la fabrication de l’attiéké à N’zikro, afin de les protéger des fumées nocives et des conditions de chaleur intense. « Plus de 20 femmes bénéficieront de ces foyers améliorés, ce qui améliorera leurs conditions de travail », a-t-elle ajouté.

Une participation active et des résultats prometteurs

L’initiative a déjà touché environ 100 personnes de plusieurs communautés, dont San Pedro, Afféry, N’zikro, Aboisso, Bonoua, Babadougou, Koffikro, Yapokro… « Les femmes montrent un intérêt marqué pour cette initiative. Elles sont venues en masse et veulent que leurs conditions changent. Nous espérons qu’elles ont pris conscience des enjeux climatiques et qu’elles utiliseront leur savoir-faire traditionnel pour lutter contre ces changements. Le lancement de cette activité et la première tournée locale ont permis aux femmes d’apporter leur expertise pour aider les autres, un véritable témoignage de solidarité et de résilience », a conclu Lucress.

Le Président de l’Association pour le Développement Durable (ADD) basée à San Pedro, Teré Marcel, s’est dit satisfait de cette initiative bénéfique. « Nous avons été invités par la présidente du REFEB pour participer au lancement du projet, dont nous sommes également bénéficiaires. Ce fut une occasion enrichissante pour nous, car il y a des pratiques locales que nous ne connaissions pas. Nous avons beaucoup appris de cette activité et nous appliquerons ces connaissances chez nous. Les femmes ici sont bien organisées et produisent de manière impressionnante. Nous avons constaté la production de savons et le dévouement des femmes pour organiser cette activité. Il existe une culture associative et un esprit de solidarité effectif que nous allons aussi mettre en pratique », a-t-il dit.

La Présidente des Fédérations des Unions des Femmes d’Afféry (FUFA), Abbé Yolande, a également pris part à cette rencontre, soulignant l’importance de la formation continue. « Ce temps de formation et de partage est bienvenu. Nous avons besoin de formation pour ensuite former nos sœurs. J’ai réveillé la conscience des femmes en leur expliquant les dangers des produits chimiques sur notre santé. Nous devons revenir aux pratiques agricoles de nos parents pour éviter des maladies comme le cancer du col de l’utérus et le cancer du sein. Les femmes étaient captivées, et nous espérons le meilleur », a-t-elle affirmé.

Le REFEB s’attend à des résultats significatifs à l’issue de cette initiative. Parmi les principaux changements anticipés, on compte une sensibilisation accrue aux enjeux climatiques et une participation active des femmes dans des initiatives locales liées au climat. Ce projet est initié par plusieurs organisations dont l’alliance écoféministe panafricaine Womin.

MK

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