Société & Santé

16 jours d’activisme : deux leaders communautaires récompensées par l’ONG JVE-Côte d’Ivoire

Babadougou (Aboisso). Deux femmes, leaders communautaires ont été récompensées par l’ONG JVE Côte d’Ivoire pour les services rendus à leurs différentes communautés, le samedi 9 décembre 2023. Il s’agit de la présidente des Femmes Artisans de Côte d’Ivoire (AFACI) de San-Pédro, Mathilde Boko et la présidente du Réseau des Femmes Braves (Refeb), Josiane Boyo.

Selon le Responsable de la Justice Sociale JVE Côte d’Ivoire, Nahounou Daleba, ces femmes reçoivent ces prix en ce jour spécial pour leur persistance dans la lutte en faveur du bien-être de leurs communautés.

En effet, Mathilde Boko, est le pilier de la lutte contre la construction de la centrale à charbon de San-Pedro (projet finalement abandonné par l’Etat de Côte d’Ivoire en 2021). Josiane Boyo, elle a pour sa part engagé une lutte pour la construction du château d’eau dans sa localité (Yapokro) en 2020. Une lutte qui lui a valu d’être sans domicile fixe au risque de sa vie.  

« C’est une joie pour nous de recevoir ce prix qui prouve que nos actes ne sont pas fortuits. Nous voulons dire merci à la délégation, aux mamans qui sont avec nous depuis 2017. Ce prix est pour nous toutes », a-t-elle déclaré, avant d’inviter les partenaires à plus de soutien.

A sa suite, Raoul Bagopha de Misereor (organisation de lutte contre la pauvreté en Afrique, Asie, Amérique latine et Océanie), un partenaire de JVE Côte d’Ivoire, a réitéré son engagement à soutenir les causes féminines. « Vous vous battez contre les violences et les injustices. Vous vous engagez pour la dignité, pour les droits humains en tant que femmes braves comme l’indique le nom de ce réseau. Chaque fois qu’il s’agira du combat contre les injustices et contre les violences pour la dignité et pour les droits humains avec JVE, nous serons à vos côtés », a-t-il promis.

Cette journée de récompense tenue dans le cadre des 16 jours d’activisme, marquait également la fin du projet Foundation for just society (FJS). « Réalisé pendant 1 an et 6 mois dans le Sud-Comoé, ledit projet visait à favoriser l’atténuation des effets néfastes au plan social, environnemental et écosystémique des multinationales agroindustrielles du palmier à huile », selon la Directrice de JVE Côte d’Ivoire, Larissa Yapo.

A l’en croire « les femmes qui vont dans les plantations industrielles pour pouvoir subvenir à leurs besoins sont confrontées à d’énormes difficultés. Elles subissent pas mal d’oppressions parce qu’elles sont riveraines des plantations industrielles. Nous leur venons en aide afin de résoudre les injustices et les inégalités perpétrées. Nous sommes présents aujourd’hui pour célébrer leurs activités et leurs luttes dans le cadre projet qui prend fin », a-t-elle fait savoir.

Une cinquantaine de participantes instruites sur les droits, devoirs et revendications

Le Responsable de la Justice Sociale JVE a également instruit la cinquantaine de participantes venues de divers horizons (N’zikro, Babadougou, n’zianouan, San-Pedro, Aboisso) sur leurs droits, devoirs ainsi que les voies légales de revendications.

« Cette année, plusieurs femmes ont été arrêtées pour avoir ramassé des graines et des brindilles de balaies. L’une d’entre elles, était enceinte et presqu’à terme, il y avait aussi une jeune fille de 14 ans. On a dû s’accorder avec Refeb pour les sortir de là, grâce à un avocat. Vous vivez autour des plantations venues chercher le profit et dans le cadre de la responsabilité sociale de l’entreprise, un minimum doit être mis à disposition. Les communautés autour des plantations ont des droits et des devoirs. Si vos droits sont respectés, naturellement vous allez respecter vos devoirs », a-t-introduit

Toutefois, il a invité les femmes à plus de responsabilités dans les champs. « Chères mamans, vous n’avez pas besoin de courir quand on vous appréhende. Vous vous exposez à une violence et beaucoup sont tombées avec la machette, les bébés au dos, des cuvettes pour des brindilles de balaies. Informez juste le centre et on va vous soutenir », a-t-il conseillé.

Aussi, il a expliqué que ces plantations appartiennent à des sociétés jusqu’à ce que l’Etat donne l’autorisation de les exploiter.  « Il faut donc savoir revendiquer sinon vos actions seront assimilées au vol. Coordonnez et organisez-vous pour revendiquer vos droits. Voyez-vous, les dames avaient ramassé quelques graines et au tribunal, elles étaient accusées d’avoir pris 25 sacs de graines. Elles ont dû passer une semaine en prison, avant leur libération », a-t-il prévenu.

TOUS UNiS ! Investir pour prévenir la violence à l’égard des femmes et des filles ! 

Avant de clore ses propos, Nahounou Daleba a souhaité que le monde s’active davantage dans la lutte contre les violences basées sur le genre, car a-t-il dit « les violences faites aux femmes se retrouvent aussi là où il y a des intérêts économiques insoupçonnés. Les femmes en milieu rural doivent être protégées ».

Les participantes ont à leur tour exprimé leur misère quotidienne via une scène théâtrale, avant d’effectuer une marche de protestation contre les violences.

Babadougou, le quotidien des femmes qui vivent autour des plantations, mimé par le Refeb. – YouTube

Selon ONU Femmes, la campagne annuelle internationale « 16 Jours d’activisme contre la violence basée sur le genre à l’égard des femmes et des filles » démarre le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et prend fin le 10 décembre, qui marque la Journée des droits humains.

Lancée par des activistes lors de l’inauguration de l’Institut international pour le leadership des femmes en 1991, elle offre aux personnes et aux organisations du monde entier une stratégie de mobilisation appelant à la prévention et à l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles. Cette année, la campagne est placée sous le thème, « TOUS UNiS ! Investir pour prévenir la violence à l’égard des femmes et des filles ! »

(97) Aboisso. Procession du Réseau des Femmes braves contre les VBG. #16joursdactivisme2023 – YouTube

Marina Kouakou

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