Société & Santé

Côte d’Ivoire-Aboisso : les femmes désormais outillées à l’autonomie

L’autonomie financière des femmes demeure l’élément clé du Réseau des femmes braves de Côte d’Ivoire (Refeb-CI). Réunies dans la localité de Babadougou, située dans la sous-préfecture d’Adaou et dans le département d’Aboisso, le vendredi 15 mars 2024, une cinquantaine de membres du Réseau a amplifié ses actions, cette fois pour l’autonomie financière des femmes.

Ce sont des commerçantes, des cultivatrices, et des ménagères venues des villages voisins, qui ont été instruites sur “l’épargne, les demandes de prêts, et les techniques agricoles” pour une meilleure transformation locale.  

L’autonomisation par les prêts  

La structure qui s’est portée garante pour former ces femmes, vise avant tout, leur autonomisation. Mme Paulin Tiédienwogo, Responsable d’Amougnan service, (‘’allons loin” en langue wobè), veut aider “les femmes à être autonome, en les formant sur les démarches à adopter pour avoir de petits prêts’’.  

Selon, elle, “les banques donnent difficilement de l’argent, parce qu’elles veulent se rassurer avant tout de la fiabilité des personnes à qui elles remettent leur argent.” Un peu comme le fonctionnement bancaire, Mme Tiédienwogo insiste sur la fiabilité de leurs services, “nous avons aidé plusieurs femmes, à obtenir des prêts avec peu d’intérêts, afin de conduire leurs activités”, dit-elle.

Ainsi, “nous commençons avec des prêts de 100.000 FCFA pour tester la fiabilité des femmes qui vont rembourser ». Pour un début, la Présidente d’Amougnan, recommande aux participantes d’aller au rythme qui leur convient. “La femme qui consent doit faire une demande et renseigner toutes les informations nécessaires aux prêts. Puis, vient la garantie. Pour un prêt de 100.000 FCFA, il est requis 15% du montant, que nous mettons de côté”, fait-elle savoir. 

Les bénéficiaires devront débourser 11850 FCFA tous les 05 du mois jusqu’au remboursement total des fonds. “Ce n’est pas que les femmes ne peuvent pas rembourser, non ! C’est plutôt le manque de discipline. Les femmes ne savent pas s’organiser, et c’est ce qui explique la réticence des banques à octroyer de prêts”, apprend-elle. 

Les rudiments pour une production et transformation des aliments locales

Dans ce domaine, Christian Gogoua, Technicien agricole, a recommandé aux femmes, la pratique traditionnelle pour désinsectiser leur culture sans courir de dangers. 

“ Lorsqu’il y a des bêtes dans vos champs, la plupart du temps, vous courrez dans les boutiques, acheter les produits détectés chimiques. Je vais vous montrer quelques techniques de produits que nous allons fabriquer. Ils jouent le même rôle que ces produits que nous achetons. Ils ne sont pas dangereux”, enseigne Christian Gogoua. 

Il recommande donc , « les feuilles de kangasa, 500 g de feuilles de nem, 500 g d’oignons, 500 g de piments secs, 500 g d’ail, 2 litres d’huile, 1⁄4 d’huile végétal ».

« Chauffez deux ou trois litres d’eau, ensuite piler le mélange des feuilles de kangasa, es nems l’ail, l’oignon, mélanger le tout dans l’eau chaude. Laissez reposer pendant trois jours, après filtrez l’eau, jetez les déchets et on conserve l’eau. Vous pouvez garder l’eau sur 1 an cela dépend de vous, mais conservez dans une boite de 30 g, mettez dans le pot à pompe de 10 L d’eau sans dépasser la quantité.” A-t-il dit ensuite.

En amont, le Refeb-CI initie et soutient les formations pour la transformation des produits locaux, à partir du manioc, il est possible d’obtenir les semoules d’attiéké, la fabrication de gâteaux, et produire de l’huile de citronnelle. Le volet le plus important de ces formations est l’alphabétisation. Du lundi au dimanche, les femmes des localités de Babadougou, N’zikro, Koffikro et Yapokro participent à des cours dispensés deux fois par semaines, dans chaque localité, par les professionnelles de l’enseignement général.

Le réseau des femmes braves de Côte d’Ivoire, créé depuis 2017, a pour objectif d’assister les communautés victimes vivant autour des plantations agro-industrielles. Pour ce faire, des ateliers de mobilisations ont été créés dans une harmonie parfaite entre les femmes recensées. Par ailleurs, des formations aux techniques de transformations, de ventes de produits locaux sont régulièrement mises en œuvre pour leur autonomie financière. 

Pour rappel, le village cosmopolite de Babadougou compte environ 1000 habitants. Il est entouré de plusieurs campements et villages à forte densité de populations. Son espace bethléem situé en zone palmeraie, qui jonchent l’autoroute, sert de cadre aux échanges et témoignages des femmes victimes de harcèlements. 

Bekanty N’ko 

Envoyé Spécial

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