Société & Santé

Aboisso : face aux abus et violences, des femmes formées sur le droit de dire non ! 

Le Réseau des femmes braves de Côte d’Ivoire, (Refeb-CI), a organisé une série d’ activités dans la localité de Babadougou, située dans la sous-préfecture d’Adaou et dans le département d’Aboisso, le jeudi 14 mars 2024. 

Les quinquagénaires présentes, pour la majorité, ont été formées et orientées sur les droits des femmes à travers deux modules. Il s’agit des formations sur “la sensibilisation et plaidoyers des droits de la femme, et le droit de dire non”.

Selon la Présidente de l’ONG organisatrice Josiane Boyo, “On ne nait pas femme on le devient, et cela commence par l’éducation et la formation, sans aucun parti politique. La femme et l’homme ont les mêmes droits, il faut renforcer la voix des femmes dans les prise de décision, s’il y a quelque chose qu’on doit faire dans la société, c’est de demander l’avis des femmes”, a-t-elle souhaité. 

Entre sensibilisation et plaidoyer… 

Dans cet élan, le Refeb-CI s’est inscrit à faire connaitre aux femmes leur droit et ce, une semaine après le 8 mars, la  Journée internationale des droits de la femme. C’est par des séances d’écoutes et d’échanges, que les femmes de Babadougou ont appris à défendre leurs droits internationaux. “Nous sommes là pour dire nos droits, combien sont-ils ? Que devons-nous faire quand ils sont bafoués ? Et qui connaît ses droits doit inévitablement connaître ses devoirs”. Pour Josiane, le Refeb, rappelle qu’ “ une femme comme un homme a le droit à l’éducation, le droit d’eêre autonome financièrement, elle a les mêmes droits parce que disposant des mêmes capacités que l’homme”. 

“Nous disons non au viol et à l’accaparement de nos terres…” 

La filiale du groupe agro-industriel ivoirien SIFCA, principal producteur d’huile de palme brute dans la région, est ciblée par les femmes des villages avoisinant pour la mauvaise gestion des terres. Des harcèlements récemment constatés ont alerté les femmes de N’zikro, Doudou Kro, Yapokro, Babadougou, Toumanguié, et kacoukro. Depuis l’avènement de la faitière dans la région, elles multiplient les formations sur le droit de dire non !

En Côte d’Ivoire, le vivrier est basé sur les femmes, mais elles constatent encore des restrictions au niveau des terres, “l’accès à nos terres est limité par les multinationales agro-industrielle. Les femmes doivent dire non aux droits bafoués, dans les hôpitaux, et dans les marchés”, dénonce-t-elle ! 

“Nous demandons aux plantations industrielles de libérer nos terres, nous demandons la non utilisation des produits chimiques autour de nos maisons. Nos produits locaux doivent être valorisés.”, ajoute-t-elle.

Mme Sanon membre et responsable locale du Refeb-CI à N’zikro, témoigne d’une méchanceté discontinue des industrielles, “ la Palm-CI fait des trous autour des plantations, pour nous empêcher d’avoir accès aux plantations et même pour les déchets de palme. Nos femmes sont violées ! nos femmes sont brutalisées !” dit-elle. 

Et d’ajouter: “ ils font tout pour nous arracher nos terres.  Nous disons non à l’accaparement des terres.  Non au viol. Non aux multinationales qui s’accaparent nos terres.”

Le réseau des femmes braves de Côte d’Ivoire, créé depuis 2017, a pour objectif d’assister les communautés victimes vivant autour des plantations agro-industrielles. Pour ce faire, des ateliers de mobilisations ont été créés dans une harmonie parfaite entre les femmes recensées. Par ailleurs, des formations aux techniques de transformations, de ventes de produits locaux sont régulièrement mises en œuvre pour leur autonomie financière. 

Pour rappel, le village cosmopolite de Babadougou compte environ 1000 habitants. Il est entouré de plusieurs campements et villages à forte densité de populations. Son espace bethléem situé en zone palmeraie, qui jonchent l’autoroute, sert de cadre aux échanges et témoignages des femmes victimes de harcèlements. 

Bekanty N’ko

Envoyé Spécial      

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