Réalisation de soi, Société & Santé

Infrastructures de production d’électricité : l’ONG Actes-De-Vie organise une série d’activités autour de la santé mentale des jeunes filles et des femmes victimes à Singrobo

Deux jours durant (les 15 et 16 décembre 2023), l’ONG Actes-De-Vie (ADV) a organisé une série d’activités dans la localité de Singrobo autour de la santé mentale, pour soutenir les mères célibataires impactées par la construction du barrage hydroélectrique de la localité. C’était à l’occasion de la 2ème édition du « partage pour les fêtes de fin d’année » et la 1ère édition de « séance d’écoute et partage d’expérience ».

En effet, la présence des travailleurs engagés dans le cadre de la construction du barrage hydroélectrique dans la localité est devenue pénible pour la communauté villageoise. De nombreuses jeunes filles et femmes ont été engrossées et abandonnées à leur sort par des travailleurs. Les communautés aussi mécontentes, en parlent, pointent du doigt ces victimes et laissent ainsi place à des préjugés ou propos sexistes.

 Ainsi, il était donc question d’échanger avec les leaders de la communauté villageoise, de rencontrer les jeunes filles et femmes impactées par la construction du barrage hydroélectrique de la localité, d’échanger avec elles en toute confidentialité pour recueillir leurs préoccupations, leur partager une expérience identique et enfin distribuer des vivres et non vivres.

Protéger les victimes au lieu de les blâmer

Pour ce faire, l’Activiste Nahounou Daleba et Responsable de la justice sociale à JVE Côte d’Ivoire, a entretenu une dizaine de leaders communautaires, le vendredi 15 décembre sur le thème : « Eviter les préjugés et créer un cadre propice à l’épanouissement des victimes impactées par la construction du barrage hydroélectrique de la localité ». Il a surtout invité les uns et les autres à protéger les victimes au lieu de les blâmer.   

« Ce n’est pas à vous de les juger, ce n’est pas à vous de les écarter de la société. Vous devez les aider à s’insérer dans la société. Ce sont elles les victimes. Elles ont voulu être en sécurité avec des gens qui les ont piégées. C’est le menteur qu’il faut blâmer et pas vos filles. Aujourd’hui, la mère célibataire devient la risée de tous, pourtant quand il s’agit de l’homme, il n’est pas jugé. Voyons les choses d’une autre manière.  Vos filles peuvent être victimes demain, et vous n’allez pas apprécier qu’elles soient moquées », a-t-il prévenu.  

Dans la même veine, la Présidente-fondatrice de ADV, Marina Kouakou a souhaité que les participants puissent relayer les informations partagées, afin de toucher le plus de personnes possibles. « En 2008, à Sassandra, une mère célibataire de 21 ans a eu recours à l’avortement pour éviter les jugements, les moqueries, les préjugés. Elle en est morte alors que son garçon avait 7 ans. J’ai vu cette amie en souffrance 2 jours avant sa mort, mais j’étais loin d’imaginer ce qui allait arriver. Si cette dernière était bien entourée, elle n’aurait pas commis cet acte dans la clandestinité. Elle aurait parlé à sa famille. D’autres jeunes filles peuvent se donner la mort à cause de ces moqueries. Prenez soin d’elles, elles prendront conscience et elles vous feront honneur. Rien n’est encore perdu », a-t-elle conseillé.

Stratégies de résilience

Par ailleurs, elle a tenu une conférence autour du thème : « la résilience », le samedi 16 décembre, au sein de l’école primaire de la localité avec les victimes. Lors de cette activité, la conférencière a instruit les participantes sur l’importance de l’entourage, de l’environnement sain, ainsi que la capacité de résilience.

« N’ayez pas honte. C’est normal de faire des erreurs. Tout le monde en fait d’ailleurs, mais le plus important, c’est de se relever. Faites attention à votre entourage, et votre environnement. Allez vers des personnes qui peuvent vous tirer vers le haut, et éviter celles qui vont vous entrainer dans des choses peu catholiques. Si ça ne va pas, pleurer, mais réfléchissez ensuite aux solutions. Ne passez votre temps dans les regrets », a-t-dit, avant de passer à la séance d’écoute.

(34) Conférence – YouTube

Cette série d’activités s’est soldée par la remise des kits (riz, d’huile, tomate pâte, pâtes alimentaires et pagne), du guide de bonne conduite des parents ainsi que de la foire aux dons.

La première édition du partage pour les fêtes de fin d’année s’est tenue, le 24 décembre 2022, au quartier Koumassi campement avec 10 familles monoparentales. Cette année, au moins 30 familles monoparentales dirigées par des femmes et des jeunes filles ont été prises en compte.  

Créer en 2020, l’ONG ADV contribue à la promotion de l’autonomisation des jeunes filles et des femmes africaines par l’éducation et la santé mentale.

Danielle Kouakou

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